“Haïti est à la croisée des chemins” annonce un représentant des droits de l’homme des Nations Unies

PORT-AU-PRINCE/NEW YORK/GENEVE (17 septembre 2012): Le Sous-secrétaire général aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, a parlé de "signes encourageants en Haïti aujourd'hui», mais aussi des risques, à la fin de sa mission de quatre jours dans le pays.

Il a cité comme signes positifs les récents amendements constitutionnels qui établissent un quota de 30% pour les femmes dans la vie publique et un conseil constitutionnel, la nomination d'un ministre des droits de l'homme et de la lutte contre l'extrême pauvreté, ainsi qu’une diminution significative de la population des camps de 1,5 million à 370.000.

«Haïti est à la croisée des chemins. Si de bonnes décisions sont prises sur un certain nombre de questions clés, il existe un potentiel pour le progrès - mais en même temps il y a des risques d'un retour en arrière. Le nouveau Conseil électoral permanent doit être crédible et avoir la confiance de l'ensemble de la classe politique pour s'assurer que les élections locales, municipales et parlementaires ont lieu sans délai et soient libres et sans violence. "

Au cours de sa visite du 12 au 15 septembre pour discuter des défis droits de l'homme avant la prochaine révision par le Conseil de sécurité de l'ONU du mandat de la MINUSTAH, la mission de stabilisation des Nations Unies dans le pays, Simonovic a rencontré de hauts responsables gouvernementaux, y compris le Premier ministre Laurent Lamothe, les ministres des Affaires étrangères, des droits de l'homme et l'extrême pauvreté, de la justice ainsi que le Directeur général de la police et l’Inspecteur général de la police. Il a également rencontré des représentants de l'ONU, le corps diplomatique et des représentants de la société civile.

«Le recrutement prévu de 5.000 nouveaux agents de police dans les 4 prochaines années porte un grand potentiel pour un environnement sûr et stable en Haïti. S'ils sont recrutés en fonction de leurs mérites, bien formés, et incluent davantage de femmes, la Police nationale haïtienne sera renforcée de même que la confiance de la population. Le rôle et l'indépendance de l'Inspecteur général sont essentiels pour s'assurer que les auteurs des violations des droits de l’homme sont exclus du service," a t-il dit.

Simonovic a appelé à ce que la réduction planifiée des forces militaires de la MINUSTAH soit accompagnée d’un soutien accru à la police nationale et aux institutions garantissant l’état de droit.

"Réformer la police ne suffit pas. La réforme du système de justice est attendue depuis longtemps. J'ai visité le Pénitencier National où les 3.489 détenus vivent dans des conditions inhumaines et dégradantes. Parmi eux, seulement 278 ont été reconnus coupables par un tribunal, la plupart des autres sont en détention préventive prolongée. Un système de justice plus indépendante, fiable et efficace est nécessaire pour résoudre non seulement cette situation, mais pour s'assurer que les droits de la population sont mieux protégés, notamment les droits fonciers. La réforme du code pénal en cours doit être conclue sans retard et devrait permettre la poursuite des graves violations des droits de l'homme passées conformément aux obligations juridiques internationales d’Haïti. "

Simonovic a exhorté la communauté internationale à accroître son soutien aux efforts Haïtiennes de développement à long terme, vu que l'aide humanitaire destiné au pays après le tremblement de terre est fortement réduite. "Pendant trop longtemps, beaucoup trop d'Haïtiens ont réclamé en vain leurs droits économiques et sociaux, et n'ont jamais été en mesure d'accéder aux services de base. Les nouveaux efforts de développement doivent être fondés sur les droits de l'homme et bénéficier à tous, notamment les plus pauvres".

«Beaucoup parmi les personnes les plus vulnérables sont toujours dans des camps, dont 70% sont sur des terres privées et sont menacés d’expulsions forcées. J'ai insisté sur la nécessité d'une concertation avec les habitants et le respect des normes internationales relatives aux droits de l'homme dans le processus de démantèlement de ces camps restants. Une politique de logement et de développement urbain est nécessaire "

Simonovic a observé qu’Haïti a une chance d'attirer des investissements et de créer de nouveaux emplois décents, ce qui est essentiel dans un pays où la majorité de la population active est au chômage et la jouissance des droits économiques et sociaux reste un défi. Dans ce contexte, la sécurité et le respect de l’état de droit ainsi que la lutte contre la corruption sont essentielles.

Le responsable onusien a noté que les organisations de la société civile et de l'opposition ont beaucoup à contribuer aux efforts de développement du pays. Il est donc important pour le gouvernement d'engager tous les Haïtiens dans le processus de reconstruction de leur pays.
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