SAINT-KITTS-ET-NEVIS ADMET L’ABSENCE DE POLITIQUE OFFICIELLE ET DE MESURES SPECIALES POUR PROMOUVOIR L’ENTREE DES FEMMES EN POLITIQUE



Comité pour l’élimination de la
discrimination à l’égard des femmes
13 juin 2002
563ème séance – matin




Les experts du CEDAW achèvent l’examen
de la situation des Kittitiennes


Les 23 experts du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) ont achevé ce matin leur examen de la situation de la femme à Saint-Kitts-et-Nevis qui a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes en 1995.

En sa qualité d’Etat partie à cet instrument juridique que l’on considère désormais comme une véritable charte des droits de la femme, Saint-Kitts–et-Nevis avait présenté le 5 juin dernier, pour la première fois, les mesures prises pour mettre en oeuvre la Convention. La représentante de l’Etat répondait aujourd’hui aux questions des experts dont l’une des préoccupations majeures porte sur la faible participation des femmes à la vie politique et publique, ceci en dépit du fait que les Kittitiennes aient le droit de vote depuis le début du siècle précédent. En 1998, aucune femme n’avait jamais été à la tête d’une ambassade ou d’un ministère. On compte aujourd’hui trois femmes au Parlement, deux d’entre elles ayant été élues et la troisième nommée au poste de porte-parole adjointe.

Le Directeur pour les questions de parité entre les sexes de Saint-Kitts-et-Nevis, Mme Charles-Gumbs, a reconnu qu’il n’existe pas de politique officielle visant à accélérer la promotion des femmes aux postes décisionnels dans la fonction publique. La participation plus importante des femmes aux élections de 1993 ne leur a pas permis de façonner l’orientation politique du pays en raison de la persistance de préjugés selon lesquels les femmes excellent en logistique et en mobilisation de fonds et leurs activités doivent venir en appui à celles déployées par les hommes. De plus, les femmes que la politique intéresse ne peuvent guère compter sur l’appui de l’ensemble des femmes, ces dernières pouvant souvent se montrer critiques à leur égard du fait qu’elles tentent de percer dans un domaine traditionnellement réservé aux hommes.

L’environnement politique agressif, voir même «sale» est également un frein à la participation des femmes qui préfèreraient participer à des campagnes permettant de confronter des idées plutôt que de détruire la réputation d’un candidat. La mise en place de politiques régissant le déroulement des campagnes serait utile et permettrait de modifier la culture électorale, a ajouté la représentante.

Le Département des questions sexospécifiques collabore avec Antigua-et-Barbuda et le Guyana dans le cadre de projets visant à aider les femmes à entrer en politique. Il est possible d’envisager la mise en place de quotas pour améliorer la présence des femmes aux postes de décision mais aucune proposition formelle n’a encore été formulée à ce sujet. Il n’est pas envisagé de modifier le système politique qui repose sur le modèle de Westminster. Selon la Constitution, les élections au gouvernement sont organisées tous les cinq ans et le parti qui obtient le plus grand nombre de candidats forme le gouvernement. Il s’agit d’un système triangulaire articulé autour de l’exécutif, du législatif et du judiciaire

De plus en plus de femmes occupent des postes au sein du gouvernement sans que cela ne soit le résultat d’action ciblée. Il n’existe pas de politique visant à accélérer de facto l’égalité entre les hommes et les femmes dans la mesure où la perception à Saint-Kitts-et-Nevis est que les femmes ont réalisé des progrès significatifs sur le plan égalitaire. Nous devons cependant faire plus pour sensibiliser l’opinion publique, le gouvernement et le secteur privé à cette question.

La délégation de Saint Kitts et Nevis était composée de Mme Ingrid Charles Gumbs, Directeur pour les questions de parité entre les sexes, de M. Jovil Martin, assistant administratif, Ministère du développement social, de Mme Nyian Farrell, assistant administratif, de M Bonnie Edward, M Alex Woorley, Mme Carlisle Richardson, Mme Euphrosyne Southwell Stevens, conseillers et de M. Joseph E. Christmas, représentant permanent de Saint Kitts et Nevis aux Nations Unies.

Le Comité achèvera cet après-midi à 15 heures l’examen de la situation de la femme au Suriname.






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