LE COMITÉ POUR L'ÉLIMINATION DE LA DISCRIMINATION RACIALE ADOPTE SES OBSERVATIONS FINALES SUR LE CAP-VERT



Comité pour l’élimination
de la discrimination raciale
63ème session
15 août 2003
Après-midi





Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a adopté, cet après-midi, ses observations finales sur le rapport du Cap-Vert, examiné les 5 et 6 août derniers (compte rendu HR/CERD/03/36).

Tout en exprimant son appréciation pour le rapport et les réponses franches et constructives apportées par la délégation capverdienne, le Comité suggère que le Gouvernement du Cap-Vert pourrait se prévaloir d'une assistance technique au titre du programme d'assistance du Haut Commissariat aux droits de l'homme en vue de la préparation de son prochain rapport.

Bien que le Comité rejette généralement les affirmations des États parties concernant l'homogénéité de la population, il comprend l'assertion du Cap-Vert selon laquelle sa population est homogène dans le sens où, une population autochtone n'existant pas, les Cap-verdiens sont le produit d'un mélange de peuples de différentes nations et régions. Le Comité prend note de ce que le Cap-Vert est un pays en développement qui est devenu indépendant récemment et souffre de conditions naturelles défavorables, y compris d'un manque d'eau aggravé de longs cycles de sécheresse. Il prend note en outre de sa dispersion géographique sur plusieurs îles qui pose des problèmes pour la fourniture de services.

Au nombre des aspects positifs, le Comité note avec appréciation l'engagement du Cap-Vert en faveur des droits de l'homme, notamment à travers la ratification d'un grand nombre d'instruments internationaux, la création d'une Commission nationale des droits de l'homme et l'élaboration d'un plan d'action pour les droits de l'homme et la citoyenneté, la création d'un poste de médiateur et l'adoption d'un nouveau code pénal. Il se félicite des informations relatives au projet d'introduire l'éducation aux droits de l'homme dans les cursus scolaires, les efforts visant à une reconnaissance adéquate de la langue créole ainsi que l'établissement d'un Comité conjoint chargé d'examiner les problèmes auxquels les immigrés sont confrontés.

Le Comité s'inquiète toutefois de l'absence de mesures législatives afin de punir les actes de discrimination raciale et de violence, tout en prenant note de l'information fournie par la délégation sur le fait que le nouveau code pénal qui doit entrer en vigueur en 2004 contiendra des dispositions à cet égard. Il note en outre avec préoccupation les connotations parfois négatives attachées au terme «Mandjacos» désignant les immigrés d'origine ouest africaine, ainsi que les cas de discrimination dont les Ouest-Africains sont parfois victimes du fait de l'implication de certains d'entre eux dans des activités telles que le trafic de drogue ou la prostitution. À cet égard, il recommande que des mesures appropriées soient prises pour combattre les stéréotypes qui affectent certains groupes d'immigrés et que des informations figurent dans le prochain rapport à ce sujet. Il exprime également son inquiétude face à des cas de traite d'êtres humains qui concernent en particulier des étrangers et des personnes de différentes origines ethniques ainsi que face aux stéréotypes auxquels les femmes, en particulier d'origine étrangère, continuent à faire face dans la société cap-verdienne. Il demande par ailleurs que des informations statistiques lui soient fournies sur les poursuites engagées et les peines prononcées pour des délits liés à la discrimination raciale.

Le Comité a également entamé, cet après-midi, l'examen du rapport de la Norvège.

À sa prochaine séance publique, lundi matin à 10 heures, le Comité poursuivra l'examen du rapport de la Norvège. Le compte rendu sur l'ensemble de cet examen sera publié en début d'après-midi.



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